Tous les matins pour aller travailler je traverse le “petit Manhattan” africain épicentre du Miracle Ivoirien en Architecture. Cet essor urbain et architectural d’Abidjan (années 1960–1980) — une période de forte croissance économique qui a produit des édifices modernistes audacieux, hybrides et souvent bioclimatiques, symboles d’une ambition nationale de modernité .
Ce serait trop facile de comparer à l’axe très limitée entre l’Immeuble Solima et le bâtiment de la Banque Centrale d’Antaninarenina mais en gros tu visualises cela et tu multiplies par 987. Du pur Modernisme et brutaliste avec fes volumes géométriques et formes monumentales tout en faisant un bon usage de la mixité fonctionnelle : tours de bureaux, hôtels, commerces, résidences et infrastructures publiques. Cette coexistance pour créer des pôles multifonctionnels a assurément pérennisé le statut et la qualité de vie du Plateau à Abidjan.
Mais là où sait que le game est très élevé c’est dans les exercices de brise-soleil, terrasses en gradins et atriums pour ventilation naturelle et protection solaire, adaptations visibles très visionnaires de l’époque . Bien sûr beaucoup d’ouvrages ont souffert du manque d’entretien, de l’humidité et de crises économiques, conduisant à l’abandon ou à la détérioration de certains monuments. Mais là où certain pays aurait juste renoncé et déplacé le CBD sur un axe remblayable (!), les initiatives publiques et privées visent à restaurer et reprogrammer ces bâtiments (projets de rénovation, concours d’architecture, valorisation patrimoniale).
Tu ne t’étonnes plus vraiment que la Côte d’Ivoire aura produit depuis une vingtaine d’année ce qu’il y a de mieux sur le continent en termes d’identité urbaine et architecturale visible, mêlant modernité, ambition symbolique et adaptations locales — un champ de réflexion pour l’architecture africaine contemporaine qui cherche aujourd’hui à réconcilier héritage, durabilité et usages actuels
tena milay be.
La Pyramide d’Abidjan est un immeuble emblématique du Plateau, conçu par l’architecte italien Rinaldo Olivieri et construit entre 1968 et 1973