Je suis très fière de faire partie des intervenantes dans ce cadre de partage d’expériences du projet Excellence BIOÉCOI qui permet de croiser les expertises régionales et de valoriser des initiatives profondément ancrées dans les réalités de nos territoires. Cette dynamique s’inscrit est portée par un réseau de partenaires institutionnels de l’océan Indien — Qualitropic à La Réunion, l’AMM et le MRIC à Maurice, l’EPMAC à Rodrigues, l’ESSA et le CNRIT à Madagascar, ainsi que l’ESA aux Seychelles — avec le soutien du programme INTERREG VI, de l’Union européenne et de la Région Réunion, afin de renforcer la coopération régionale autour de la bioéconomie tropicale.

Mon intervention s’appuie sur mon parcours à Madagascar qui a débuté par ma participation lauréate, en 2011, au concours UN-Habitat pour un projet de logement utilisant le bambou comme matériau principal. Mais elle repose surtout sur l’expertise que j’ai développée au fil des années dans la mise en projet du bambou d’ingénierie après avoir lié connaissance avec les plus grands experts (dont un selfie avec le Pr Walter Liese initiateur de l’INBAR).. J’ai pu partager ici quelques enseignements, dans les limites imposées par la confidentialité. Mon propos a porté plus particulièrement sur les leçons tirées d’une initiative entrepreneuriale très fortement portée sur le design et la R&D autour de la filière bambou à Madagascar. J’ai pu mettre en évidence à la fois son potentiel considérable — abondance de la ressource, diversité des usages, débouchés réels — et ses fragilités structurelles, notamment le manque de normes, de données, de technologies, de financement et de coordination entre acteurs.

Dans une logique très concrète, j’ai également retracé ma reconversion vers d’autres matériaux biosourcés, notamment la brique de terre compressée, puis aujourd’hui le fantiolotse https://purplecorner.com/planter-le-fantiolotseconstruire-des-communautes-resilientes/. À partir de projets et d’enseignements acquis au cours de cette aventure dans le bambou d’ingénierie sur le terrain malgache depuis 2011 à 2026 avec plus 7 000 m² construits en brique de terre compressée — avec une norme encore dans les placards,  j’ai acquis la conviction qu’une meilleure structuration de chaque filière reste la condition essentielle pour passer du potentiel à un véritable changement d’échelle, si l’on veut s’engager durablement dans la promotion des matériaux biosourcés.


Dans ce cadre, le troisième atelier, ou troisième action (A3), porte plus particulièrement sur les matériaux biosourcés pour le BTP et l’ameublement, avec un ancrage fort à Madagascar (véritable grenier vivier de l’Océan Indien). Son ambition est de créer une nouvelle dynamique collective autour des synergies possibles dans ces secteurs, à travers une cartographie des acteurs et des projets, l’identification des acteurs de la recherche-développement et des acteurs économiques, ainsi que le repérage de leurs besoins, de leurs projets potentiels et des initiatives déjà en cours ou émergentes. Le TDR prévoit pour cette action six séries d’ateliers, avec la mise en place de groupes de travail associant notamment des spécialistes technico-scientifiques de Qualitropic ainsi que des partenaires de Madagascar et de Maurice, afin de faire émerger une vision plus structurée et plus opérationnelle de la filière des matériaux biosourcés à l’échelle régionale.

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