J’ai intentionnellement partagé des articles sur Madagascar sous des thématiques particulières pour ne pas intensifier l’effet chambre d’écho des derniers évènements à Madagascar.

Lorsque je rédigeais l’article jeudi dernier sur « comment expliquer le mouvement de Gen Z malgaches (primovotants) qui se réclame de One Piece aux autres générations ? », nous observions des mouvements pacifistes à travers Madagascar ornés de chapeaux, de rêves ambitieux et d’une détermination inébranlable.

Passé 17h, heure de rentrer chez soi pour recharger les batteries, les bruits ont couru que plusieurs commerces avaient été dévalisés. Surtout les centres localisés dans les zones privilégiées mais aussi des poches bien ciblées de certains distributeurs à travers la capitale. Nous n’avons alors pas entendu de bruits de sirènes, encore moins les bottes des forces de sécurité.

On a tous rapidement relié Z à Z’ (lire prime) en pointant « les autres Gen Z ». Ceux échaudés par des braqueurs bien mandatés qui ont laissé la voie libre aux cambriolages et dévastations. Ceux qui vivent derrière le mur du KFC et gagnent leur vie au prix d’un bucket de poulet frit en curant les canaux bouchés par les remblais. Ceux des bas-fonds, quoi.

Mais celui que les balles de représailles des milices ont tué à Antsiranana le jour d’après, Rivaldo était étudiant en Master 2 de la filière Sciences de la Mer. Il voulait de l’eau et de l’électricité dans son campus d’État pour pouvoir étudier. Il voulait sans doute aussi assurer de bons débouchés pour son futur métier, un truc digne, quoi.

Je me suis donc questionnée sur ce qui aurait motivé ces Z et Z’ à agir à la vie à la mort pour ébranler leurs aînés, nous, les raianmandreny.

Tout cela, je le rédigeais la peur au ventre, à pied, en allant au chantier tôt le matin car les quartiers se voyaient barricadés par des régiments bien armés. Ceux-là mêmes qui, en début d’après-midi, ont maintenant pris l’habitude — fomba tsy hita izay maha ratsy azy — de chasser à coups de gaz lacrymogènes ces maigrelets d’étudiants se faufilant dans ma ruelle.

Monkey D. Luffy, le personnage de la série One Piece que je suivais à l’époque, en est maintenant à son millième épisode. Il a un tempérament impulsif et possède des pouvoirs magiques lorsqu’il mange des Devil Fruits. Mais avant tout, c’est un Pirate.

Comment gère-t-on des pirates ?

Une question tellement facile à répondre si on fait un tour chez David Graeber https://africasacountry.com/2020/09/david-graeber-africanist. L’anthropologue parti trop tôt du « We are the 99% », qui n’a jamais oublié Madagascar dans ses réflexions car il avait préparé sa thèse sur nos “Lost People” en 2007 (la suite du titre étant « Magic and the Legacy of Slavery in Madagascar ») et a approfondi plus tard sur la période des pirates de Libertalia. Le théoricien de l’Utopie par excellence, des luttes égalitaires au XXIᵉ siècle, de la Solidarité, caring, sharing, giving… bref touça quoi.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *