L’objectif d’améliorer la productivité énergétique de l’Afrique de 12 % d’ici 2030, 50 % d’ici 2050, et 70 % d’ici 2063 dans le cadre de la stratégie et du plan d’action pour la transition énergétique en Afrique (AfEES) a été approuvés par les chefs d’État de l’UA en février 2025. Au cours de la période initiale de 18 mois, le Sénégal, le Burundi, le Zimbabwe et Madagascar sont les premiers bénéficiaires du projet.
Le Ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures et la Commission de l’énergie de l’Union africaine (AFREC) https://au-afrec.org/…/programme-africain-defficacite… ont lancé le processus d’élaboration de la Stratégie nationale pour l’efficacité énergétique et son plan d’action (NEESAP), ainsi que de la Réglementation sur la performance énergétique des bâtiments (EPB), avec l’appui de l’Union européenne à travers le Programme énergétique continental pour l’Afrique (CEPA), mis en œuvre par Stantec.
La consommation énergétique de l’Afrique devrait connaître une hausse importante dans les années à venir, portée par plusieurs dynamiques : croissance économique et démographique, industrialisation accrue, urbanisation rapide, intensification des échanges commerciaux et effets du changement climatique.
On parlera de négawatts, une unité théorique de puissance (exprimée en watts) mesurant une puissance économisée. Cette économie est le résultat de la sobriété énergétique (changement de comportement) ou d’une efficacité énergétique améliorée (changement de technologie).
La performance énergétique d’un bâtiment est la quantité d’énergie qu’il consomme pour un niveau de confort donné et dans des conditions d’exploitations données. Elle est communément exprimée par unité d’énergie consommée par mètre carré exploitable.
Dans ce contexte, l’intensité énergétique du secteur industriel et des grands bâtiments reste particulièrement élevée, notamment en raison de procédés de production peu performants, de bâtiments mal conçus sur le plan énergétique, et d’une sensibilisation encore limitée aux opportunités d’économie d’énergie.
Il est donc essentiel de renforcer la sensibilisation des pays africains et de promouvoir activement l’adoption de mesures d’efficacité énergétique et de conservation, afin de réduire cette intensité énergétique et de soutenir un développement plus durable.
En Afrique, on estime que les bâtiments consomment en moyenne 56% de la production totale d’énergie électrique nationale. Les grandes villes consomment plus de 75% de l’électricité produite. La villes capitales consomment plus de 50% de toute l’énergie produite. La majorité des bâtiments modernes dans la plupart des pays africains – avec leurs climats tropicaux – sont des répliques de la conception des bâtiments des pays occidentaux avec les climats froids et tempérés. La capacité de production de l’énergie des pays africains est confrontée par des défis majeurs: à savoir: la croissance rapide de la population; l’urbanisation, l’industrialisation et les changements climatiques. La demande d’énergie augmente chaque année en moyenne de 8% contre une offre presque stable, créant un déficit énergétique énorme. Il est donc, nécessaire de promouvoir l’efficacité énergétique et l’utilisation des énergies renouvelables.
– UNHABITAT
Pour nous les bâtisseurs, cela prendra de :
– Réintégrer les principes de l’architecture tropicale bioclimatique dans la construction qui s’appuie sur des principes de conception passive, tels que l’orientation du bâtiment, l’utilisation de l’ombre, la ventilation naturelle et l’inertie thermique des matériaux, pour minimiser le recours à la climatisation et au chauffage.
– Réviser les codes du bâtiment pour intégrer les mesures d’efficacité énergétiques et promouvoir le bâtiments verts. Les permis de construire devraient inclure des stratégies de conception de l’environnement et des mesures de construction passives.
– Réviser les politiques du logement spécifique au pays, et inclure des mesures d’efficacité énergétique et élaborer des politiques d’efficacité énergétiques dans le bâtiment (EEB), des actes et décrets pour adoption et l’application des mesures d’EEB.
– Promouvoir la mixité sociale : les projets de logement doivent intégrer une diversité de revenus et de profils socio-économiques. Entre 20 % et 50 % des nouveaux logements doivent être à faible coût, et aucune catégorie sociale ne devrait représenter plus de 50 % du total.
-Maximiser la mixité fonctionnelle : au moins 40 % des surfaces bâties dans les nouveaux quartiers doivent être consacrées à des activités économiques (commerces, services, emplois, etc.).
Renforcer les transports publics : encourager l’usage des transports en commun comme alternative structurante à la voiture individuelle.
-Intégrer des systèmes énergétiques durables : planifier l’installation de systèmes de production et de gestion de l’énergie à l’échelle des quartiers et des établissements humains.
Un cycle vertueux doit être favorisé. La réduction de l’effet d’Ilot de Chaleur Urbain rendra plus pertinente la mise en oeuvre de solutions bioclimatiques en milieu urbain.
L’adoption des Exigences de Performance Énergétique des Bâtiments (EPB) en Afrique progresse, mais reste encore limitée en raison de certains défis structurels. Toutefois, cette situation ouvre aussi de nombreuses opportunités : la mise en place de cadres réglementaires adaptés, la professionnalisation du secteur de la construction, la sensibilisation croissante aux bénéfices économiques et environnementaux de l’efficacité énergétique, ainsi que l’émergence de solutions locales mieux adaptées aux contextes africains. Avec un accompagnement technique, des incitations ciblées et une meilleure coordination institutionnelle, l’intégration des EPB peut devenir un levier puissant pour un développement urbain durable sur le continent.
Photo : Atelier de consultation des parties prenantes pour le développement de stratégie et plans d’action nationaux en matière d’efficacité énergétique (NEESAP) et lignes directrices sur la performance énergétique des bâtiments (EPB) dans le cadre dans le cadre de la stratégie et du plan, le 08 Juillet 2025