Le ravinala, totem national
par Flo Le Tantsaha https://www.facebook.com/florian.fraixbavuz
Le ravinala, érigé en emblème de Madagascar, tapisse sans retenue la côte Est et remonte, conquérant, les contreforts des Hautes Terres. Il est partout. Et surtout, il sert à tout.
Imperméable de fortune, chapeau contre l’averse, mur, toiture, plancher ; on en consomme le cœur, et l’eau stagnante logée à la jointure de ses feuilles se charge, quant à elle, de rappeler durablement que « boire l’eau du ravinala » relève davantage du mythe que de la sagesse populaire.

Symbole social par excellence, il incarne l’ingéniosité, la débrouille, la capacité à renaître de presque rien. Mais cette polyvalence, si admirable soit-elle, masque un revers autrement plus sombre.

Car le ravinala n’est pas l’arbre de la forêt : il en est le squelette. Là où il règne en maître, proliférant sans partage, se dressait autrefois une forêt tropicale dense et humide, foisonnante de vie — lémuriens, hiboux, serpents, fossas, et une profusion d’espèces végétales et animales aux couleurs éclatantes.
Contrairement à l’image inoffensive qu’on lui prête, le ravinala brûle remarquablement bien. Mieux : il tire profit des feux de brousse, qui accélèrent et améliorent la germination de ses graines, scellant ainsi son triomphe sur les cendres de ce qu’il a remplacé.

D’une certaine manière, sans toujours en avoir conscience, ériger le ravinala en symbole national revient à célébrer la disparition de la forêt, abattue à la hache et consumée par le feu.

Au fond, nous qui honorons nos ancêtres et vénérons nos morts, avons également consacré en emblème la perte de nos forêts.

Trees: histories, symbols, ecological values
for #dendrophiles, Antson’ny tontolo miaina

nota : je prête mon profil pour donner la palabre aux gardiens et aider à sensibiliser au mieux sur les forêts de Madagascar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *