Il y a aussi le célèbre proverbe qui dit : ‘Avoir bu l’eau de Manangareza’, qu’on utilise pour exprimer la nostalgie profonde qui pousse les étrangers ayant quitté Madagascar (ou Toamasina) à y revenir. On l’emploie également pour décrire les personnes venues chercher fortune à Toamasina qui y ont trouvé un conjoint et ne veulent plus rentrer chez elles — ou qui, une fois rentrées, n’aspirent qu’à y retourner.

C. a un parcours qui incarne la transformation personnelle et professionnelle. Celle qui a « bu l’eau de Manangareza » a découvert Madagascar il y a 20 ans tout à fait par hasard, et depuis ce pays l’a envoûtée et passionnée. Elle y retourne chaque année pour 3-4 semaines, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce pays — plus qu’à son pays d’origine, avoue-t-elle avec humilité — à ses habitants, à sa culture. Sa connexion à Madagascar dépasse le simple intérêt : c’est un lien profond, transformateur, qui fait d’elle quelqu’un qui a vraiment « bu l’eau » et qui ne peut plus revenir en arrière.

Cécile incarne la vulnérabilité assumée et l’honnêteté face à la diversité culturelle. Elle reconnaît avec franchise tout ce qu’elle ne comprend pas, tout ce qui la heurte parfois lorsqu’elle est en contact avec des cultures différentes de la sienne. Loin de se cacher derrière des certitudes, elle vit ces tensions avec authenticité, et c’est précisément cette honnêteté qui fait d’elle une personne digne de confiance pour accompagner les autres dans leurs propres transformations.

Son parcours est inspirant, même si elle ne le voit pas ainsi. Se décrivant comme « juste une petite vazaha », Cécile sous-estime la profondeur de son engagement : revenir chaque année pendant 20 ans, essayer de comprendre, accepter ses limites tout en restant curieuse, oser tout changer dans sa vie professionnelle — voilà qui démontre un courage et une générosité rares.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *