Les livres sont pour les gens qui voudraient être ailleurs. »

— Mark Twain

Le paradoxe de l’insularité malgache a fait que nous, les générations de parents de 2026, ne sommes pas capables de reconnaître que nous avons été sous une addiction profonde à la culture étrangère, et que, si on se passait un quizz, pas grand monde ne serait capable de citer un créatif contemporain local : un écrivain, un concepteur de jeux vidéo, un réalisateur… Je veux même pas vous mettre la honte à vous demander pourquoi vous achetez des Mangas qui sont au même prix que les BD primées des Malgaches… On continue ?

Perso, j’ai une bonne centaine d’ouvrages conçus et édités par des Malgaches dans ma bibliothèque. Je suis comme ça. Normale, quoi.

Que le débat reste aussi stérile que la connaissance locale en termes de culture générale, soit. Mais que vraiment pas grand monde n’ait relevé que le vrai problème, c’est notre rapport à la création, à l’imaginaire, le ressassement d’un passé idéalisé et le mépris du créatif gasy du 22ᵉ siècle (je prends de l’avance).

On soupire à la nostalgie de Tom Sawyer sans trop savoir qu’en fin de compte cette série si touchante a été produite par ces Japonais qu’on hait tant. D’ailleurs, je viens d’apprendre que Kimboo, création franco-ivoirienne de Mme Houphouët-Boigny, a marqué les enfants du continent au même niveau que le personnage de Mark Twain.

En fin de compte, je ne vais pas ressasser ce sujet d’actualité qui a réussi à contaminer le TikTok de mes ados et animé nos conversations du dimanche du Solstice d’été. Et je vais vous laisser réfléchir sur les façons mesquines avec lesquelles on ne soutient pas la culture locale : on trouve le vita gasy en matière de production audiovisuelle, d’édition, de création artistique, toujours pas top, mais des fois si. Mais bon, ça fait niche, check, c’est soutenu par un Institut, une Fondation…

Bref, je préfère continuer à vaquer à mes explorations culturelles qui me passionnent tellement. Et même que je rédige ce post complètement en français en plein mois de la célébration du Teny Malagasy, car je me rends compte que je perds la maîtrise de la langue de Molière (je me remets sur Arte). Et surtout, pour le Malgache, je voudrais quelque part avoir le courage de Mark Twain : juste écrire et on s’en fout.

Mark Twain, de son vrai nom Samuel Langhorne Clemens (1835–1910), est l’un des écrivains les plus emblématiques de la littérature américaine. Ses deux chefs-d’œuvre, Les Aventures de Tom Sawyer (1876) et Les Aventures de Huckleberry Finn (1885), le consacrent comme figure majeure de la littérature, avec un style révolutionnaire qui utilise pour la première fois le langage populaire américain et restitue fidèlement les accents et parlers régionaux.

Au-delà de l’humour, Twain est un moraliste radical qui dénonce l’esclavage, le racisme, le colonialisme et l’impérialisme, écrivant notamment Le Soliloque du roi Léopold (1905), pamphlet anticolonialiste dénonçant les atrocités de Léopold II au Congo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *