À la fin de l’année 2025, je tombe sur le séminaire UE492 – Réparations, restitutions et post-esclavage (1791-XXIe siècle),https://esclavages.cnrs.fr/vie-scientifique/seminaire/reparations-restitutions-et-post-esclavage-1791-xxie-siecle-ue492/ organisé par l’EHESS / l’ENS Paris-Saclay, que j’ai trouvé en ligne et auquel je me suis inscrite sans hésiter. La raison est simple : je m’éduque pour mieux comprendre. Il existe un énorme gap de connaissance et d’entendement sous le tropique du Capricorne, et pour pouvoir avancer et nourrir nos réflexions, il faut aller chercher l’information. Ce séminaire porte sur les restitutions, les réparations et le post-esclavage, en interrogeant la manière dont le droit et les revendications des peuples colonisés ou anciennement colonisés peuvent transformer les rapports de justice autour du patrimoine, des archives et des restes humains. Il réunit plusieurs chercheurs et chercheuses autour de conférences sur l’esclavage, le colonialisme, les réparations et la restitution des biens culturels, avec l’idée de penser une « légalité de demain » plus juste et plus relationnelle. J’ai donc consacré à peu près 35 h au total, avec une dizaine de séances en ligne pendant plusieurs mois, à accumuler du savoir et à apprendre l’écoute.
Toutes les interventions étaient exceptionnelles, et je citerai juste quelques-unes que j’avais déjà approfondies. Le 23 janvier 2026, Ana Lucia Araujo, de Howard University, a présenté son livre Réparations. Combats pour la mémoire de l’esclavage (XVIIIe-XXIe siècle), publié chez Seuil en 2025, lors d’une séance consacrée aux questions de mémoire et de réparations liées à l’esclavage. Le 3 avril 2026, Felwine Sarr, professeur à Duke University, est intervenu avec une conférence intitulée « Vers une écologie africaine des savoirs », autour d’une réflexion sur la production des connaissances depuis des perspectives africaines. Enfin, le 17 avril 2026, Magali Bessone, Klara Anna Boyer-Rossol, Ricardo Roque et Corinne Toka-Devilliers ont échangé sur le thème « Esclavage et restes humains », en abordant les liens entre histoire de l’esclavage, mémoire et traitement des restes humains.
Dans la continuité, j’ai voulu assister au séminaire de l’IOWC, un séminaire franchement supra balèze, mais le timing avec le taff et les livrables était juste impossible à gérer. Le séminaire de l’IOWC https://indianoceanworldcentre.com/, organisé avec McGill University, porte sur les approches interdisciplinaires de l’histoire de l’océan Indien, en particulier sur la cartographie numérique, l’histoire environnementale et les transformations rurales dans différents espaces de la région, de l’Afrique à l’Asie du Sud et du Sud-Est. Il met en avant des collaborations entre chercheurs et chercheuses de plusieurs horizons afin de mieux comprendre les circulations, les paysages et les dynamiques historiques à l’échelle de l’océan Indien. Parmi les interventions, Gwyn Campbell a présenté, avec Philip Gooding et Sofia O’Reilly, une communication intitulée « Mapping Forests in Madagascar, 1870s–1930s », inscrite dans le panel consacré aux nouvelles approches des méthodes géographiques en contexte historique.
Imaginez la scène cette semaine Jeudi lors de la 1ère session et que je n’avais pas Mute mon micro, la cinquantaine et quelques autres personnes dans l’attendance qui m’interpellent dans le chat. et Inversement proportionnel, les collègues au bureau qui ont malgré dû écouter au moins un bon 10 mn de la session 4 car je ne me suis pas rendue compte que cette fois ci mon speaker n’était pas éteint. la loose. Cette fois-ci j’ai pu assister à la totalité des sessions (Sauf les visites des lieux mazavawazy) et découvert que beaucoup avaient approfondi les thématiques de l’architecture reliée à l’esclavagisme et au colonialisme. La conférence « Museums as Monuments to the Colonial Troops? » https://www.tu.berlin/en/kuk/events/conferences-workshops/museums-as-monuments-to-the-colonial-troops, organisée par la TU Berlin, réunit historiens, artistes, commissaires d’exposition et chercheurs pour examiner l’histoire artefactuelle des guerres coloniales, en se concentrant sur le pillage, le butin et les résistances au Togo, au Kamerun et en Afrique orientale allemande. L’événement, qui s’est tenu à Berlin du 4 au 6 juin 2026, interroge le rôle des musées en tant que monuments hérités de la violence coloniale, en mettant en lumière la manière dont les collections institutionnelles perpétuent une mémoire partielle et asymétrique de la conquête. Il s’inscrit dans la continuité des débats contemporains sur les restitutions et la décolonisation des musées européens, en convoquant à la fois la recherche académique, les pratiques artistiques et les perspectives des communautés d’origine. Un aspect que j’ai vraiment apprécié ici hormis la volonté de vulgariser et diversifier les contenus fut les interventions dans les langues maternelles des intervenants ! wow ! mais juste wow !
Et, bien sûr, l’une des plus belles expériences de ce premier semestre 2026 a été la présentation partagée par Noely Ratsimiebo, qui nous a permis d’assister à l’intervention de Monsieur Randrianasolo François, gardien des traditions antanosy. Ce fut un véritable privilège d’écouter son érudition, ponctuée par les Angano, et de mesurer à quel point l’architecte à Madagascar reste, face à l’immensité des savoirs et des traditions à préserver, un éternel apprenti. Je remercie chaleureusement Noely Ratsimiebo ainsi que les équipes de l’Office du Tourisme de l’Anosy et du Musée du Fort Flacourt de Fort-Dauphin de nous avoir ouvert une fenêtre aussi précieuse et extraordinaire sur la culture.
En revanche, je me suis organisée, logistiquement surtout (!), pour soutenir Marie-Lyne Champigneul et l’ONG Kartyé Lib MPOI la semaine prochaine pour « Mémoire, justice et réparation », colloque international du projet UNESCO « Les Routes de l’esclave et de l’engagé » dans l’océan Indien, sous le patronage de la Commission française pour l’UNESCO, s’inscrivant dans la Deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2025-2034). L’événement aura lieu du 10 au 13 juin 2026 à Sainte-Suzanne, à l’auditorium Daniel Honoré, mais aussi en ligne, ce qui est vraiment précieux.
Rien que pour les mois prochains, je me prépare déjà à ma « rentrée » de l’automne, où j’aimerais naviguer plus intensément dans les profondeurs des histoires dans l’Histoire de notre passé indocéanique, quitte à explorer davantage les continents asiatique et américain, et bien sûr la Grande Terre soit le continent africain.