J’ai commencé mon manifeste par :
« L’avenir de Madagascar réside dans la réactivation de son intelligence interrompue — matérielle, spatiale, écologique et culturelle — et dans sa mise en partage comme ressource continentale. »
J’ai appris tout récemment, genre il y a 4-5 ans, qu’une branche de la famille de maman venait de Betsizaraina. J’avais promis d’aider cette grande famille à préserver notre patrimoine et, honnêtement, je n’ai pas eu le temps de m’y consacrer, parce que la vie.
Pour les personnes qui ne connaissent pas Madagascar, encore moins l’Imerina, Betsizaraina est un haut lieu de la soie malgache. Bien sûr, il y a de moins en moins de tisserandes, vu que la culture a beaucoup évolué, l’épicentre du *landy* étant devenu Fandriana, dans le pays betsileo. S’y ajoute la pression sur le foncier, étant ce qu’elle est : le tapia commence à disparaître dans ce milieu longtemps préservé.
En allant à un enterrement dans l’Imamo en 2024 — un parcours du combattant de 5 h pour faire 40 km —, j’ai pu me promener dans une très vieille forêt d’Uapaca Bojeri, l’arbre tapia endémique de l’île. Elle était impressionnante par sa prestance, son enracinement et cette atmosphère lourde de symboliques que dégageaient les vieilles pierres. Des tombeaux de Vazimba ou de notables merina, je dirais, mais je n’ai pas du tout l’expertise dans le domaine de l’archéologie mortuaire malgache. Et pourtant, j’en ai croisé, de ces sites !
Il me reste donc quelques jours pour finaliser ma participation à la Biennale panafricaine de Nairobi, une aventure créative dans laquelle je me suis engagée. Je me retrouve perdue dans mes souvenirs et me mets à déconstruire mon apprentissage, dans une rétrospective engagée sur nos savoirs passés, notre présent de résilience et le futur qui s’étiole sans se briser sous le vent, car il s’imprime dans la terre.
Et je l’ai terminé par :
« Construire à Madagascar aujourd’hui, c’est reconnaître la perte sans s’y résigner, concevoir avec humilité et affirmer que la survie elle-même produit des savoirs qui méritent d’être partagés. »
à vous de découvrir ce que je vais y raconter
photos : année 2024 au sommet des collines de l’Imerina avec les fous d’Histoire et d’Agro-écologie Daniel DARTIGUEPEYROU et @Corinne Naturel





